| EXPOSITION | Saison II Expo 4 | Du 9 au 30 décembre 2004 | |||||
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Isabel Bertelot
Peintures > voir l'exposition > LEXPOSITION Le travail dIsabel Bertelot résiste à la définition. En effet, fondée sur lutilisation de pigments en poudre quasi purs, parfois même appliqués directement sur la toile, cette uvre possède demblée un caractère singulier. Dautre part, ni tout à fait abstraite ni tout à fait figurative, elle se promène allègrement à la frontière entre les deux catégories. Alors que les toiles dIsabel Bertelot nous offrent de prime abord un éclat vivement coloré dont la violence est tempérée par un aspect généralement mat, bien vite des formes y apparaissent : ici des volets, là des flacons. Mais à linstant même où ces éléments se révèlent, notre il est repris par lintensité et le flux des couleurs, bleus somptueux allant du presque fluorescent au presque noir, rouges et roses profondément chaleureux. Ce va-et-vient entre la forme et la couleur dote ce travail dune véritable vie interne qui ne cesse de régénérer notre regard en lui proposant toujours la possibilité dune accommodation différente. Puisqu’il s’agit de vie, il s’agit aussi du temps qui passe, et c’est l’une des grandes forces d’Isabel Bertelot d’inscrire cette donnée temporelle au c?ur même de son ?uvre. Patinées, grattées, craquelées, ses toiles, bien que résolument contemporaines, nous font voyager tout autant vers l’hier que vers le lendemain. En laissant affleurer leurs couches souterraines, elles nous donnent à voir leur propre passé qui sera peut-être également leur lointain avenir. A travers ce jeu d’illusion figurative et temporelle, on pourrait alors se risquer à trouver un sens autre qu’ornemental aux idéogrammes qu’Isabel Bertelot, imprégnée de culture asiatique, aime insérer dans ses toiles : ne seraient-ils pas là finalement pour nous rappeler cette conception orientale d’un monde dont l’ultime vérité est précisément le caractère illusoire de la réalité, son impermanence, son instabilité, fondant ce que les Japonais nomment « le triste monde flottant des apparences » ?
Mais peut-être, comme souvent devant une ?uvre forte et cohérente, tous ces mots sont-ils de trop et sans doute faut-il avant tout célébrer chez Isabel Bertelot l’immense plaisir de la création, de la recherche esthétique, de la transmission par tous les canaux de la sensibilité d’un monde intérieur qui ne peut s’exprimer pleinement qu’à travers un langage plastique, plaisir qui devient pour celui qui passe et qui regarde un simple et délicieux plaisir d’être là. C’est au bout du compte ce bonheur qui donne à l’?uvre d’Isabel Bertelot une certaine forme de légèreté, seule invitation aujourd’hui recevable pour qui souhaite s’acheminer vers une quelconque profondeur. |
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| Isabel Bertelot
Née à Paris en 1959, vit et travaille entre Paris et Soissons dans lAisne |
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